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L’environnement, nouveau défi existentiel pour la démocratie

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Nos démocraties survivront-elles à la crise écologique ?


La question est brutale. Mais elle mérite d’être posée — et vite.


Dans La démocratie au défi du partage, Philippe Kourilsky ne fait pas que constater le déclin démocratique ou les ravages de l’effondrement environnemental. Il les relie. Il établit un lien profond, structurel, entre les deux : la démocratie n’est pas seulement en crise pendant la catastrophe écologique. Elle en est aussi l’une des victimes probables.



La coïncidence est malheureuse : alors que l’urgence écologique exige des efforts collectifs sans précédent, nos régimes démocratiques sont à la fois fatigués, fracturés et fragilisés. Comment demander des sacrifices durables à des peuples désabusés, sceptiques, ou simplement en colère ? Comment imposer des mesures douloureuses dans des sociétés où chaque réforme se transforme en guerre civile larvée ?

Philippe Kourilsky ne s’abrite derrière aucun euphémisme : il parle d’infarctus démocratique mondial. Rien de moins. Et il en identifie la cause principale : notre incapacité à partager — les efforts, les richesses, les responsabilités. Ce qu’il nomme le « devoir d’altruité » : une obligation rationnelle de contribuer à la liberté et au bien-être des autres. En démocratie, cela devrait être une évidence. Ce ne l’est plus.


Car les effets de la crise écologique ne seront ni justes ni équitables.


Ils frapperont d’abord les plus pauvres, les moins armés, les moins visibles. Et plus encore : ils créeront des famines, des migrations massives, des guerres pour les ressources, des régimes d’exception. Autant de chocs qui viendront bousculer les institutions, fracturer les corps sociaux, ouvrir la voie aux autoritarismes.


Pendant ce temps, les démocraties tergiversent. Elles débattent, elles reportent, elles ajustent. Elles veulent le consentement de tous, et n’obtiennent plus que l’exaspération de chacun.


Et si le véritable test de la démocratie n’était pas l’élection, mais le partage ?


Partage des efforts. Partage du pouvoir. Partage des ressources.


Et si la démocratie ne pouvait survivre qu’à ce prix ?


Le livre de Kourilsky met les points sur les plaies : tant que nos régimes n’intègrent pas la crise environnementale comme une donnée politique, sociale et morale, ils ne feront qu’en retarder l’échéance — et précipiter leur propre effondrement.


 
 
 

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