Repenser le partage : un devoir de civilisation
- Francois Radas
- 6 mars
- 2 min de lecture
Et si tout commençait par une idée oubliée : le devoir de partager ?
Dans La démocratie au défi du partage, Philippe Kourilsky ne plaide pas pour un sursaut moral abstrait, ni pour une générosité naïve. Il propose une notion puissante, dérangeante, exigeante : le devoir d’altruité.

L’altruité, c’est l’altruisme… mais rationnel.
C’est le cœur et la raison.
C’est l’idée que ma liberté dépend de la vôtre, et qu’il est rationnel d’œuvrer à la construction de celle des autres.
Ce n’est pas un supplément d’âme, c’est le fondement d’un contrat démocratique renouvelé.
Pourquoi ce rappel est-il si crucial aujourd’hui ? Parce que nos sociétés se sont habituées à l’excuse du manque : manque de ressources, manque de temps, manque de moyens. Mais ce que nous avons perdu, dit Kourilsky, ce n’est pas la possibilité de partager — c’est la volonté.
Le paradoxe est là : dans les pays développés, le temps libre a explosé, la durée de vie s’est allongée, le travail s’est mécanisé… et pourtant, le partage recule.
Les inégalités se creusent. La colère monte. La solidarité s’effrite.
Alors l’auteur propose une idée radicale : créer une économie restaurative, où le temps libre, notamment celui des retraités, serait mis au service de la réparation du monde.
Pas comme un hobby. Comme un choix civilisationnel. « Travailler plus pour partager mieux », dit-il.
Un slogan difficilement audible dans un pays qui se bat pour travailler moins. Et pourtant, peut-on restaurer un monde cassé sans effort ?
Ce post ne propose pas une politique publique clé en main.
Il propose un retournement du regard : le partage ne doit plus être pensé comme un sacrifice, mais comme une stratégie de survie collective.
Dans un monde instable, brutal, saturé de conflits, l’altruité est peut-être notre seule chance d’éviter l’effondrement… démocratique et écologique.
Il est temps d’en faire un principe actif.



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